Pour de nombreuses PME, la facture non acquittée n’est pas une exception. C’est une réalité régulière du cycle d’exploitation.
Un client paie en retard. Une validation interne traîne. Un litige ralentit le règlement. Le problème n’est pas seulement administratif : il devient rapidement financier.
En France, le crédit inter-entreprises représente environ 700 milliards d’euros d’encours. Autrement dit, une part significative de la trésorerie des PME dépend des délais de paiement.
Lorsqu’une facture devient échue, l’enjeu est double :
- Récupérer la créance,
- Préserver la stabilité du cash flow pendant l’attente.
Cet article propose une approche structurée : comprendre, agir, sécuriser.
3 idées clés à retenir
- Une facture non acquittée est un sujet de gestion du risque client. Elle doit être anticipée, suivie et pilotée, pas seulement subie.
- La rapidité et la méthode augmentent significativement les chances de recouvrement. Une relance structurée dès les premiers jours de retard change la dynamique.
- Il existe des solutions pour financer une facture non réglée sans attendre le paiement effectif. La trésorerie ne doit pas dépendre d’un seul encaissement.
Définition : qu’est-ce qu’une facture non acquittée ?
Une facture non acquittée est une facture émise, arrivée à échéance et non réglée par le client dans le délai contractuel prévu.
On parle également de :
- Facture non réglée,
- Facture échue,
- Créance impayée.
La notion est simple juridiquement : dès lors que la date d’échéance est dépassée, la créance devient exigible.
Il est important de distinguer plusieurs situations :
- Une facture en cours d’échéance n’est pas une facture non acquittée.
- Un simple décalage administratif ne constitue pas nécessairement un impayé structurel.
- À l’inverse, une facture échue depuis plusieurs semaines doit être traitée comme un risque actif.
Exemple concret : Une PME industrielle émet une facture à 45 jours fin de mois. À J+60, aucun paiement n’a été reçu et aucune contestation formelle n’a été formulée. La facture est échue et devient juridiquement une facture non acquittée.
À ce stade, le sujet n’est plus comptable. Il devient un enjeu de gestion du cycle d’exploitation.
Exemples courants de factures non réglées
Toutes les factures non acquittées ne relèvent pas d’un défaut de paiement volontaire. Dans la pratique, les situations sont variées—et le traitement dépend souvent de la cause réelle du retard.
Retard administratif
C’est le cas le plus fréquent. Une référence de bon de commande manquante, un changement d’interlocuteur, une validation interne plus longue que prévu. Le paiement est programmé, mais le délai contractuel est dépassé.
Dans ce cas, une relance rapide et structurée suffit généralement à débloquer la situation.
Tension de trésorerie chez le client
Votre client peut lui-même subir des retards de paiement ou des difficultés de liquidité. L’allongement des délais fournisseurs devient alors un outil de gestion de sa propre trésorerie.
Le risque augmente : plus le retard s’allonge, plus la probabilité de défaut croît.
Litige partiel ou contestation
Un désaccord sur une ligne de facture, une livraison jugée incomplète, un écart sur le prix. Parfois, seule une partie de la facture est contestée, mais l’ensemble du paiement est bloqué.
Dans ce cas, il est essentiel d’isoler rapidement la partie litigieuse afin de sécuriser le reste du règlement.
Retards structurels de certains grands comptes
Certaines entreprises paient systématiquement après l’échéance contractuelle. Le délai “réel” devient supérieur au délai “théorique”.
Pour la PME créancière, cela crée une forme de dépendance structurelle au décalage de trésorerie.
Le processus type pour récupérer une facture échue
Lorsqu’une facture devient échue, la réaction doit être progressive, documentée et proportionnée. L’objectif est de maximiser le recouvrement tout en préservant la relation commerciale lorsque cela est possible.
1. La relance amiable
Dès les premiers jours de retard (J+5 à J+15), une relance écrite est recommandée. Elle doit rappeler la référence de la facture, la date d’échéance et les conditions contractuelles.
Le ton doit rester professionnel et factuel. Une relance rapide augmente significativement le taux de récupération.
2. La mise en demeure
Si aucune réponse n’est obtenue, une mise en demeure formelle peut être envoyée. Elle rappelle le caractère exigible de la créance et peut mentionner :
- Les pénalités de retard prévues au contrat,
- L’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.
Cette étape marque un changement de posture. Elle formalise le risque.
3. Les voies judiciaires
En dernier recours, l’entreprise peut engager une procédure d’injonction de payer auprès du tribunal compétent.
Cette démarche reste efficace juridiquement, mais elle peut dégrader durablement la relation commerciale. Elle doit donc être arbitrée avec discernement.
Le recouvrement n’est pas un acte ponctuel. C’est un processus à piloter comme un indicateur de performance.
Comment une facture non acquittée impacte votre trésorerie
Une facture échue ne représente pas seulement un impayé. Elle représente une immobilisation de liquidité.
Concrètement, une facture non réglée :
- Augmente le DSO (Days Sales Outstanding),
- Allonge le cycle d’exploitation,
- Réduit la capacité à payer ses fournisseurs,
- Peut créer une tension de trésorerie en cascade.
En France, le crédit inter-entreprises représente environ 700 milliards d’euros . Une part significative de la trésorerie des PME dépend donc du respect des délais de paiement.
Lorsque les retards s’accumulent, l’entreprise peut se retrouver dans une situation paradoxale : rentable sur le papier, mais sous tension en trésorerie.
Le risque n’est pas uniquement financier. Il devient stratégique : retarder un investissement, refuser une commande, négocier sous contrainte avec un fournisseur.
La gestion des factures non acquittées est donc un enjeu central du pilotage du BFR.
Quelles solutions pour financer une facture non réglée en attendant le paiement ?
Attendre le règlement d’une facture échue peut créer une tension immédiate sur la trésorerie. Pourtant, le besoin est souvent temporaire : il s’agit de couvrir un décalage, pas un déficit structurel.
Plusieurs solutions existent pour transformer une créance en liquidité avant son encaissement effectif.
1. La cession de créances (Dailly ou affacturage)
La cession de créances consiste à céder votre facture à un établissement financier en échange d’une avance de trésorerie.
En pratique :
- Une partie du montant est versée immédiatement (souvent 80 à 90 %)
- Le solde est versé après encaissement, déduction faite des frais
- Selon le montage, le client peut être informé (subrogation)
Cette solution est adaptée aux entreprises avec un volume régulier de factures éligibles. Elle peut toutefois impliquer une sélection stricte des débiteurs et une certaine lourdeur contractuelle.
2. La ligne de crédit bancaire
Certaines PME utilisent une autorisation de découvert ou une ligne de crédit de trésorerie pour absorber les retards de paiement.
Cette solution présente l’avantage d’être connue et intégrée dans la relation bancaire. Elle reste cependant plafonnée et contractuelle : une ligne n’augmente pas automatiquement avec la croissance du chiffre d’affaires.
En période d’allongement des délais clients, le plafond peut rapidement devenir insuffisant.
3. Le financement court terme adossé aux factures
Une approche plus flexible consiste à financer ponctuellement des factures B2B, sans céder l’ensemble du poste client.
Le principe est simple : l’entreprise sélectionne les factures qu’elle souhaite financer et obtient une avance pour une durée déterminée.
Ce type de financement :
- Est activable à l’usage,
- Permet d’adapter la maturité,
- Évite une dilution du capital,
- Ne nécessite pas de programme global d’affacturage.
Il répond à un besoin précis : maintenir la fluidité du cycle d’exploitation.
Comment Defacto finance les factures clients
Lorsqu’une facture devient non acquittée, le problème n’est pas uniquement le recouvrement. C’est l’immobilisation de trésorerie pendant l’attente.
Defacto permet aux PME de financer leurs factures B2B—clients ou fournisseurs—via une infrastructure de crédit court terme.
Le fonctionnement repose sur :
- Une connexion sécurisée aux données bancaires ou comptables
- Une analyse d’éligibilité en temps réel
- Un financement activable facture par facture
- Des maturités comprises entre 3 et 120 jours
- Une tarification à l’usage, sans frais fixes
Contrairement à un affacturage traditionnel, il n’y a pas de retenue de garantie : le montant TTC peut être financé en totalité.
Defacto peut financer le poste client comme le poste fournisseur , ce qui permet de stabiliser l’ensemble du cycle d’exploitation.
L’enjeu n’est pas d’éviter les retards de paiement—ils font partie de la réalité économique. L’enjeu est de s’assurer qu’une facture non réglée ne bloque pas la capacité de l’entreprise à produire, livrer et investir.

Gérer une facture non acquittée sans fragiliser votre trésorerie
Une facture non acquittée fait partie de la réalité opérationnelle des PME. Aucun dirigeant ne peut totalement éliminer les retards de paiement. En revanche, il est possible de les anticiper, de les structurer et d’en limiter l’impact.
Trois leviers sont essentiels :
- Une politique de relance claire et documentée
- Un suivi précis du DSO et des échéances
- Des solutions de financement activables en cas de décalage
Le crédit inter-entreprises représente environ 700 milliards d’euros en France . Une partie significative de la trésorerie des PME dépend donc du respect des délais de paiement.
Attendre passivement un règlement revient à accepter une incertitude sur son cycle d’exploitation.
Une PME solide n’est pas celle qui n’a jamais de factures échues. C’est celle qui sait les absorber sans déséquilibrer son activité.
FAQ : Facture non acquittée
Quelle est la différence entre facture échue et facture non acquittée ?
Une facture échue est une facture dont la date d’échéance est dépassée. Une facture non acquittée désigne la même situation, en insistant sur le fait qu’aucun règlement n’a été effectué. Dans les deux cas, la créance est juridiquement exigible.
Que faire après 30 jours sans paiement ?
Après 30 jours, il est recommandé de formaliser la relance par une mise en demeure écrite. Cette étape permet de rappeler le caractère exigible de la créance et d’acter la situation. Si aucune réponse n’est obtenue, une procédure d’injonction de payer peut être envisagée.
Peut-on appliquer des pénalités de retard ?
Oui. Les pénalités de retard sont prévues par le Code de commerce et doivent être mentionnées dans les conditions générales de vente. Une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est également applicable dans les relations B2B.
Une facture non acquittée peut-elle être financée ?
Oui, à condition qu’elle corresponde à une créance B2B valide et documentée. Des solutions comme la cession de créances, l’affacturage ou le financement court terme adossé aux factures permettent d’obtenir de la liquidité avant le paiement effectif.
Peut-on financer une facture en litige ?
Cela dépend de la nature du litige. Si la contestation porte sur une partie limitée de la facture, il est parfois possible d’isoler le montant non contesté. En revanche, une créance fortement disputée devient plus difficilement finançable.
Une facture non acquittée signifie-t-elle que le client est en défaut ?
Pas nécessairement. Un retard peut être lié à un problème administratif ou à un décalage ponctuel de trésorerie. En revanche, un allongement répété des délais doit être analysé comme un signal de risque accru.



