La levée de fonds est devenue un totem dans l’univers entrepreneurial. Annoncée dans la presse, célébrée sur LinkedIn, elle symbolise le passage à l’échelle, la réussite, la croissance. Et pour cause : lever plusieurs millions d’euros, c’est impressionnant.
Mais pour la majorité des PME, ce modèle n’est ni adapté, ni nécessaire. Elles n’ont ni la traction attendue par les investisseurs, ni l’ambition de scalabilité à court terme. Et surtout, leurs besoins sont souvent très différents : recruter, absorber des délais de paiement, acheter des stocks, financer un cycle de production.
Dans ce guide, on vous dit tout ce qu’il faut vraiment savoir sur la levée de fonds : comment ça fonctionne, pour qui c’est pertinent, et quelles sont les meilleures alternatives pour financer la croissance d’une PME, sans diluer son capital ni perdre de temps.
En bref – les points clés à retenir
- Une levée de fonds signifie presque toujours une ouverture du capital, avec dilution et contraintes associées.
- Elle est adaptée à un petit nombre d’entreprises, mais pas à la majorité des PME rentables ou industrielles.
- D’autres solutions existent pour financer la croissance et le BFR, sans dilution, et souvent plus rapidement.
Qu’est-ce qu’on appelle vraiment une “levée de fonds” ?
Dans le langage courant, “faire une levée” signifie lever plusieurs centaines de milliers ou millions d’euros. Mais de quoi parle-t-on précisément ?
En réalité, une levée de fonds consiste à :
- Céder une part du capital de votre entreprise,
- En échange d’un apport en fonds propres (non remboursables),
- De la part d’investisseurs extérieurs (fonds de capital-risque, business angels, etc.).
Ce n’est donc pas un prêt, ni un simple financement à court terme. C’est une opération structurante, qui engage votre entreprise sur le long terme. Elle implique de nouveaux actionnaires, un pacte d’associés, et souvent une nouvelle gouvernance.
Et contrairement à une idée reçue, ce type de levée concerne moins de 1 % des entreprises françaises. La grande majorité des PME ne lèveront jamais de fonds, et ce n’est pas un problème.
À qui s’adresse vraiment la levée de fonds en capital ?
La levée de fonds en equity est conçue pour les entreprises dites VC-compatibles. Celles qui peuvent :
- Afficher un fort potentiel de croissance à court terme,
- Convaincre sur un marché scalable, souvent digital ou technologique,
- Générer une sortie (exit) en quelques années : revente ou introduction en bourse.
C’est le cas typique des startups SaaS, plateformes B2B, fintechs, ou boîtes à ambition européenne dès le jour 1.
Mais si vous dirigez une PME industrielle, une entreprise de service à forte valeur ajoutée, ou une structure en croissance organique, les attentes d’un fonds de capital-risque ne seront pas alignées avec votre trajectoire.
Ce n’est pas une question de qualité, mais de modèle économique.
La levée de fonds est un outil spécifique. Elle ne remplace ni le financement de votre besoin en fonds de roulement (BFR), ni votre trésorerie, ni votre rentabilité. Pour la majorité des PME, il existe des solutions plus pertinentes, plus rapides, et surtout non dilutives.
Comment fonctionne une levée de fonds ? Les étapes clés
Lever des fonds n’est pas juste “pitcher un investisseur et recevoir un virement”. C’est un processus long, structuré et souvent exigeant, qui mobilise l’équipe dirigeante pendant plusieurs mois.
Voici les grandes étapes d’une levée de fonds en equity :
1. Préparation et cadrage
Vous définissez le montant à lever, les objectifs de croissance associés et votre stratégie d’utilisation des fonds. C’est aussi l’étape où vous construisez un pitch deck solide, des prévisionnels financiers et un business plan crédible.
2. Identification et approche des investisseurs
Vous ciblez les bons profils d’investisseurs (fonds VC, business angels, family offices) selon votre secteur, votre maturité et votre ambition. Vous entamez les premiers échanges et ajustez votre discours en fonction des retours.
3. Négociation des conditions
Si l’intérêt est confirmé, vous recevez une term sheet (offre indicative). Vous négociez alors les éléments clés : valorisation, montant investi, gouvernance, clauses juridiques (liquidation préférentielle, antidilution, veto…).
4. Due diligence
L’investisseur mandate des experts pour auditer votre entreprise : juridique, fiscal, financier, RH, tech, produit… Cette phase peut durer plusieurs semaines et nécessite la mobilisation de vos équipes internes.
5. Closing
Une fois la due diligence validée, vous formalisez les accords définitifs (pacte d’associés, statuts modifiés, etc.). Les fonds sont ensuite versés, et les nouveaux actionnaires entrent officiellement au capital.
Durée moyenne d’un processus complet : 3 à 6 mois. Parfois plus.
Avantages d’une levée de fonds pour une PME
La levée de fonds peut être un formidable levier de croissance, à condition qu’elle soit bien alignée avec votre trajectoire.
Ce que vous y gagnez :
- Un apport en capital significatif, sans remboursement à court terme.
- Une accélération commerciale : recrutement, internationalisation, développement produit…
- Un signal fort vis-à-vis de votre écosystème (clients, partenaires, presse).
- L’accompagnement d’investisseurs expérimentés, avec un réseau actif.
Elle est particulièrement pertinente si vous visez une croissance rapide sur un marché compétitif, avec des enjeux de “go-to-market” ou de consolidation.
Inconvénients et risques d’une levée de fonds
Derrière les montants levés se cachent aussi des risques et contraintes majeurs, souvent sous-estimés par les dirigeants.
Ce que vous y perdez (ou échangez) :
- Une part de votre capital : vous êtes dilué, et devrez composer avec d’autres actionnaires.
- Une partie du contrôle : gouvernance partagée, reporting mensuel, validation de certaines décisions stratégiques.
- Beaucoup de temps : préparation, négociation, due diligence… ce sont des semaines que vous ne consacrez pas à vos clients ou à vos équipes.
- Des objectifs de performance élevés, à court ou moyen terme. La logique VC, c’est celle du “10x” ou rien.
Et surtout : une levée de fonds ne résout aucun problème de BFR. Si votre enjeu est de financer vos stocks, vos fournisseurs ou vos délais de paiement, ce n’est pas l’outil adapté.
Quelles alternatives à la levée de fonds pour financer une PME ?
La levée de fonds n’est pas le seul moyen – ni le plus adapté – pour financer le développement d’une PME. D’autres solutions existent, plus rapides, plus souples, et surtout non dilutives.
Voici un panorama des options à considérer, en fonction de votre besoin réel : trésorerie, investissement, ou BFR.
Crédit bancaire et lignes de crédit
C’est la voie la plus traditionnelle, bien connue des dirigeants de PME.
- Avantages : financement stable, coût modéré, pas de dilution.
- Limites : accès souvent complexe (ratios financiers, garanties, délais), peu adapté aux structures jeunes ou en croissance rapide.
Affacturage (factoring)
L’affacturage permet de céder ses créances clients à un organisme financier, qui les paie immédiatement, moyennant une commission.
- Avantages : amélioration de la trésorerie, financement automatique à chaque facture.
- Limites : peu flexible, contraignant (engagements, garanties, coût élevé), souvent inadapté aux petites PME ou aux cycles longs.
Crédit-bail et leasing
Pour financer un équipement, un véhicule ou un outil de production, le crédit-bail reste une solution efficace.
- Avantages : pas d’investissement initial, charges réparties.
- Limites : réservé aux actifs matériels, ne couvre pas les besoins de trésorerie.
Financement à la facture et solutions modernes
De nouvelles solutions 100 % digitales permettent désormais aux PME de financer des factures spécifiques (client ou fournisseur), en quelques clics, sans ouverture de capital ni négociation complexe.
Defacto : une alternative non dilutive, pensée pour les PME
Defacto propose un financement court terme, rapide et automatisé, directement connecté à vos outils financiers.
Vous pouvez financer :
- Vos factures clients : pour lisser vos encaissements
- Vos achats fournisseurs : pour sécuriser vos approvisionnements
- Votre cycle de production complet : jusqu’à 120 jours
Le tout, sans garantie personnelle, sans paperasse, et sans dilution. Une solution conçue pour répondre aux vrais enjeux des PME industrielles, prestataires, e-commerçants ou agences en croissance.
- Inscription en quelques clics
- Éligibilité en 27 secondes
- Pas d’intérêts inutiles : vous ne payez que pour les jours réellement utilisés
Vous cherchez à financer votre croissance sans lever de fonds ni diluer votre capital ?

FAQ – Levée de fonds et financement PME
Une PME doit-elle forcément lever des fonds pour se développer ?
Non. La majorité des PME françaises se développent sans faire appel à des fonds d’investissement. Il existe des solutions plus accessibles et non dilutives pour financer sa croissance ou son BFR.
Quelle différence entre levée de fonds et prêt bancaire ?
La levée de fonds consiste à céder une part de votre capital contre un apport en fonds propres. Le prêt est un financement remboursable, sans dilution, souvent soumis à des garanties.
Combien de temps prend une levée de fonds ?
En moyenne, entre 3 et 6 mois. Parfois plus. Cela comprend la préparation du dossier, les échanges avec les investisseurs, la due diligence et la contractualisation.
Quels sont les risques d’une levée de fonds ?
Dilution du capital, perte de contrôle partielle, pression sur la performance, gouvernance plus complexe. C’est une décision structurante qui doit être anticipée.
Existe-t-il des alternatives à la levée de fonds pour financer mon activité ?
Oui : crédit bancaire, affacturage, leasing, ou des solutions plus récentes comme Defacto, qui permettent de financer des factures fournisseurs ou clients sans ouvrir votre capital.

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