Le recouvrement de créances entreprise est une réalité pour la majorité des PME B2B. Les retards de paiement ne sont pas des incidents isolés : ils font partie du fonctionnement structurel du crédit inter-entreprises.
Une part significative de la trésorerie des PME dépend donc du respect des délais contractuels.
Lorsqu’une créance devient exigible et reste impayée, le sujet n’est plus uniquement commercial. Et la question n’est pas seulement “comment récupérer la somme due ?”, mais aussi “comment maintenir la continuité d’exploitation pendant la procédure ?”
Cet article propose une approche structurée : comprendre le recouvrement, organiser la procédure et sécuriser la trésorerie.
3 idées clés à retenir
- Le recouvrement de créances entreprise n’est pas une réaction ponctuelle face à un impayé. C’est un processus qui doit être anticipé, structuré et documenté.
- Plus l’action est précoce et méthodique, plus les chances de récupération sont élevées. Une relance rapide change souvent la dynamique de paiement.
- Le recouvrement protège la créance, mais il ne protège pas automatiquement la trésorerie. Le financement du cycle d’exploitation doit être pensé en parallèle.
Qu’est-ce que le recouvrement de créances entreprise ?
Le recouvrement de créances entreprise désigne l’ensemble des démarches mises en œuvre pour obtenir le paiement d’une somme due par un client professionnel.
Il intervient lorsque :
- Une facture est arrivée à échéance,
- La créance est juridiquement exigible,
- Aucun règlement n’a été effectué.
Le recouvrement peut prendre plusieurs formes. Le recouvrement amiable repose sur des relances, des échanges et des négociations directes avec le débiteur. Il vise à obtenir un paiement sans procédure judiciaire.
Le recouvrement judiciaire intervient lorsque les démarches amiables échouent. Il peut inclure une injonction de payer ou une assignation devant le tribunal compétent.
Il est important de distinguer le recouvrement de la simple gestion comptable. Le suivi des échéances est un outil préventif. Le recouvrement intervient lorsque le risque est déjà matérialisé.
Dans tous les cas, l’objectif reste le même : transformer une créance exigible en encaissement effectif, sans déséquilibrer l’activité de l’entreprise.
Exemples fréquents de situations de recouvrement
Le recouvrement de créances entreprise ne concerne pas uniquement les situations de crise. Il s’applique à des cas très courants dans la vie d’une PME.
Facture échue sans réponse du client
Le scénario le plus fréquent est simple : la facture est arrivée à échéance, aucune contestation n’a été formulée, mais aucun paiement n’a été reçu. Le silence du débiteur crée une incertitude. Dans ce cas, une relance rapide et structurée permet souvent de débloquer la situation avant qu’elle ne se dégrade.
Client en difficulté financière
Le client peut lui-même faire face à des tensions de trésorerie. L’allongement des délais fournisseurs devient alors un levier de gestion interne pour lui. Plus le retard s’allonge, plus le risque de défaut augmente, ce qui impose d’accélérer la procédure de recouvrement.
Litige partiel bloquant le paiement
Un désaccord sur une partie de la prestation peut entraîner le blocage de la totalité du règlement. Il est alors essentiel d’identifier rapidement la part contestée et de formaliser les échanges, afin de sécuriser au moins le montant non litigieux.
Retards structurels d’un grand compte
Certains clients paient systématiquement au-delà des délais contractuels. Le décalage devient structurel et doit être intégré dans le pilotage du DSO. Dans ce cas, le recouvrement devient un outil de discipline contractuelle.
Le processus type de recouvrement de créances
Le recouvrement efficace repose sur une progression méthodique. L’objectif est d’augmenter progressivement la pression juridique tout en conservant une approche proportionnée.
1. La relance amiable
Dès les premiers jours de retard, un email formalisé doit rappeler la référence de la facture, la date d’échéance et les conditions contractuelles. Le ton reste professionnel et factuel. Cette étape permet de résoudre une grande partie des retards simples.
2. La mise en demeure
En l’absence de réponse, une mise en demeure envoyée en recommandé formalise la situation. Elle rappelle le caractère exigible de la créance et peut mentionner les pénalités de retard prévues au contrat ainsi que l’indemnité forfaitaire légale.
Cette étape marque un changement de posture : le recouvrement devient officiel.
3. La procédure judiciaire
Si le paiement n’intervient pas, l’entreprise peut engager une procédure d’injonction de payer devant le tribunal compétent. Cette procédure permet d’obtenir un titre exécutoire, qui pourra être mis en œuvre par un commissaire de justice.
Le recours judiciaire reste efficace juridiquement, mais il doit être arbitré au regard de la relation commerciale.
4. Le recouvrement externalisé
Certaines PME confient la gestion des impayés à un cabinet spécialisé. Cette option permet de professionnaliser le suivi et de gagner du temps interne, mais elle implique un coût et peut modifier la relation client.
Le recouvrement n’est pas un acte isolé. C’est un processus qui doit être intégré dans le pilotage financier.
Comment le recouvrement impacte votre trésorerie
Le recouvrement de créances entreprise est avant tout un sujet de liquidité.
Une créance impayée augmente le DSO, allonge le cycle d’exploitation et immobilise du cash. L’entreprise peut se retrouver dans une situation paradoxale : rentable sur le papier, mais sous tension sur sa trésorerie.
En France, le crédit inter-entreprises représente environ 700 milliards d’euros. Moins de la moitié des besoins de BFR sont couverts par les solutions traditionnelles.
Chaque retard de paiement crée donc un décalage financier réel.
L’impact peut être multiple :
- Retard de paiement fournisseurs
- Report d’investissement
- Tension bancaire accrue
- Dépendance à une ligne de crédit
Le recouvrement protège la créance. Mais il ne supprime pas l’immobilisation de trésorerie pendant la procédure.
C’est précisément là que l’arbitrage entre recouvrement et financement devient stratégique.
Faut-il recouvrer ou financer ?
Lorsqu’une créance devient impayée, deux réflexes apparaissent naturellement : engager une procédure de recouvrement… ou absorber le décalage via la trésorerie.
En réalité, ces deux approches ne s’opposent pas. Elles répondent à deux objectifs distincts.
Le recouvrement vise à récupérer la somme due. Le financement vise à stabiliser l’exploitation pendant l’attente.
Une procédure de recouvrement peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Pendant ce temps, la facture reste immobilisée dans le poste client.
Pour une PME, l’arbitrage stratégique consiste donc à se poser deux questions :
- La relation commerciale doit-elle être préservée ?
- La trésorerie peut-elle absorber ce décalage sans effet domino ?
Dans de nombreux cas, la bonne réponse est double : engager le recouvrement tout en finançant la créance temporairement.
Le sujet n’est pas juridique. Il est financier.
Quelles solutions pendant la procédure de recouvrement ?
Lorsque le paiement tarde, plusieurs leviers peuvent être activés pour transformer une créance en liquidité.
1. La cession de créances (Dailly ou affacturage)
La cession de créances permet de transférer une facture à un établissement financier contre une avance de trésorerie.
Le mécanisme est simple : une partie du montant est versée immédiatement, le solde étant réglé après encaissement effectif. Selon le montage choisi, le débiteur peut être informé de la cession.
Cette solution est adaptée aux entreprises ayant un volume régulier de factures éligibles. Elle peut cependant impliquer une sélection stricte des débiteurs et des processus contractuels structurants.
2. La ligne de trésorerie bancaire
Certaines PME mobilisent leur découvert autorisé ou un crédit court terme pour absorber le retard.
Cette solution est connue et intégrée dans la relation bancaire. Elle reste toutefois plafonnée et dépend de l’accord annuel de la banque. En cas de croissance ou d’augmentation des retards clients, le plafond peut devenir insuffisant.
3. Le financement court terme adossé aux factures
Une approche plus flexible consiste à financer ponctuellement des factures B2B, sans céder l’ensemble du poste client.
L’entreprise sélectionne les factures qu’elle souhaite financer et obtient une avance pour une durée déterminée. Ce mécanisme permet :
- Une activation à l’usage
- Une maturité adaptée au délai réel de paiement
- Une prévisibilité du coût,
- L’absence de dilution du capital
Defacto permet de financer les factures clients et fournisseurs via une infrastructure de crédit court terme . L’éligibilité est déterminée en temps réel à partir des données financières de l’entreprise, et le financement peut être activé facture par facture.
L’objectif n’est pas de remplacer le recouvrement. L’objectif est d’éviter qu’une créance impayée ne bloque le cycle d’exploitation.
Comment Defacto stabilise votre trésorerie pendant le recouvrement
Engager une procédure de recouvrement protège votre droit. Mais elle ne réduit pas le délai d’encaissement.
Pendant cette période—relances, mise en demeure, éventuelle procédure judiciaire—la créance reste immobilisée dans votre poste client. Or, votre exploitation continue : fournisseurs à payer, salaires, production, nouvelles commandes.
C’est précisément dans cet intervalle que le financement court terme devient stratégique.
Financer la créance sans attendre son encaissement
Defacto permet aux PME de financer leurs factures B2B via une infrastructure de crédit court terme.
Concrètement :
- Connexion sécurisée à vos données bancaires ou comptables
- Analyse d’éligibilité en temps réel
- Activation facture par facture
- Maturité adaptable de 3 à 120 jours
- Tarification à l’usage, sans frais fixes
Contrairement à certains montages traditionnels :
- Pas de dilution du capital
- Pas de programme global imposé
- Pas de retenue de garantie sur le montant TTC
Defacto peut financer le poste client comme le poste fournisseur.

Sécuriser votre trésorerie sans attendre le tribunal
Le recouvrement de créances entreprise est un enjeu de discipline financière. Mais il ne doit pas devenir un facteur d’instabilité opérationnelle.
Une PME performante ne se définit pas par l’absence d’impayés. Elle se distingue par sa capacité à absorber les retards sans compromettre sa production, ses investissements ou ses relations fournisseurs.
Les retards de paiement font partie d’un système économique structurel. Les subir passivement crée un risque. Les piloter crée un avantage.
Recouvrer protège la créance. Financer protège l’exploitation. Une stratégie solide combine les deux.
FAQ : Recouvrement de créances entreprise
Quelle est la différence entre recouvrement amiable et recouvrement judiciaire ?
Le recouvrement amiable repose sur des relances et des échanges directs avec le client, sans intervention du tribunal. Il vise à obtenir un règlement rapide tout en préservant la relation commerciale. Le recouvrement judiciaire intervient lorsque ces démarches échouent et permet d’obtenir une décision exécutoire.
Combien de temps attendre avant d’envoyer une mise en demeure ?
Une relance peut intervenir dès les premiers jours de retard. Si aucune réponse n’est obtenue après deux ou trois relances, l’envoi d’une mise en demeure formelle est recommandé. Cette étape officialise le défaut de paiement et constitue un préalable utile à toute action judiciaire.
Les pénalités de retard sont-elles obligatoires ?
Les pénalités de retard sont prévues par le Code de commerce et doivent être mentionnées dans les conditions générales de vente pour être applicables. Une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement est également prévue dans les relations entre professionnels.
Quand saisir le tribunal pour une créance impayée ?
La saisine du tribunal intervient lorsque les démarches amiables n’ont pas abouti. L’injonction de payer est une procédure simplifiée qui permet d’obtenir un titre exécutoire. Elle doit être envisagée après une évaluation du montant en jeu et de l’impact sur la relation commerciale.
Peut-on financer une créance en cours de recouvrement ?
Oui, sous certaines conditions. Si la créance est valide, documentée et non sérieusement contestée, elle peut être financée via une cession de créances ou un financement court terme. Cela permet de stabiliser la trésorerie pendant la procédure.
Le recouvrement externalisé est-il adapté aux PME ?
Faire appel à un cabinet spécialisé peut être pertinent lorsque le volume des factures impayées augmente ou que les équipes internes manquent de temps. Cette solution professionnalise la gestion du poste client, mais elle doit être arbitrée au regard de son coût et de son impact relationnel.



