La société d’affacturage occupe une place centrale dans le financement du poste client des entreprises. En cédant ses factures à un factor, une PME peut transformer des créances à 30, 60 ou 90 jours en trésorerie immédiate. Ce mécanisme est largement utilisé, mais reste parfois mal compris dans ses implications opérationnelles, contractuelles et relationnelles.
Comprendre le rôle exact d’une société d’affacturage est essentiel pour faire un choix éclairé. Car si l’affacturage peut répondre à certains besoins de trésorerie, il n’est ni universel, ni toujours adapté à toutes les situations.
D’autres solutions existent, avec des logiques, des contraintes et des impacts très différents sur l’entreprise.
3 points clés à retenir
- Une société d’affacturage finance le poste client, en échange de la cession des créances et d’un cadre contractuel souvent structurant.
- L’affacturage n’est pas neutre : il peut avoir un impact sur la relation client, la flexibilité financière et la gestion opérationnelle.
- Il existe des alternatives crédibles, à activer selon la nature du besoin (ponctuel vs récurrent), le niveau de contrôle souhaité et la maturité financière de l’entreprise.
Qu'est-ce qu'une société d'affacturage ?
Une société d'affacturage, également appelée société de factoring, est un organisme financier spécialisé dans le rachat des factures impayées des entreprises. Cette pratique, appelée affacturage, permet aux entreprises de disposer rapidement de liquidités en cédant leurs créances à une société tierce, qui se charge ensuite du recouvrement des factures auprès des clients débiteurs.
Dans cet article, nous allons explorer ce qu'est une société d'affacturage, comment elle fonctionne, quels sont ses avantages et inconvénients, ainsi que les alternatives disponibles.
Comment fonctionne l'affacturage ?
L’affacturage repose sur un principe simple : l’entreprise cède ses factures clients à un tiers pour obtenir un paiement anticipé. En échange, elle reçoit immédiatement une partie du montant de la facture, puis le solde après encaissement, déduction faite des frais. Ce mécanisme permet de réduire les délais d’encaissement, mais implique un cadre contractuel structurant.
L'affacturage repose sur un processus structuré en plusieurs étapes :
- Transmission des factures : L’entreprise soumet ses créances à la société d’affacturage.
- Évaluation des créances : L’affactureur analyse la solvabilité des clients et la validité des factures.
- Avance de trésorerie : Une fois validées, les factures sont financées immédiatement, généralement à hauteur de 70 % à 90 % du montant total.
- Gestion du recouvrement : L'affactureur prend en charge le suivi et la relance des paiements.
- Versement du solde : Une fois les clients ayant réglé leurs factures, le solde restant est reversé à l’entreprise, après déduction des frais de service.
Quel est le rôle d’une société d’affacturage ?
La société d’affacturage est l’acteur qui opère ce mécanisme au quotidien. Elle finance les créances, gère le recouvrement et, selon les contrats, peut couvrir le risque d’impayé. Son intervention dépasse donc le simple financement et a un impact direct sur l’organisation financière et la relation client de l’entreprise.
Le fonctionnement d'une société d'affacturage repose sur plusieurs étapes :
- Cession des créances : L'entrepriseà la société d'affacturage.
- Avance de trésorerie : L'affactureur avance une partie du montant des factures (généralement entre 80 % et 90 % de la valeur nominale).
- Encaissement des paiements : La société d'affacturage prend en charge le recouvrement des créances.
- Versement du solde : Une fois les paiements reçus, l'affactureur reverse le solde restant à l'entreprise, après déduction des frais de service.
- Gestion des litiges : Dans certains cas, l'affactureur peut intervenir en cas de contestation de facture ou de retard de paiement.
En plus du financement, certaines sociétés d'affacturage proposent des services complémentaires :
- Assurance-crédit : Protection contre les impayés en cas de défaut de paiement des clients.
- Gestion du poste clients : Externalisation des relances et de la comptabilité client.
- Financement flexible : Certaines solutions permettent un affacturage ponctuel ou sélectif, adapté aux besoins spécifiques des entreprises.
À qui est destiné l’affacturage ?
Dans un contexte économique où la gestion de la trésorerie est un enjeu clé, l'affacturage représente une solution attractive pour les entreprises souhaitant anticiper les délais de paiement de leurs clients et ainsi éviter des tensions financières.
L'affacturage est particulièrement apprécié des PME et des startups en croissance, qui ont souvent besoin de liquidités rapides pour financer leur développement. Selon une étude menée par l'IFOP en 2023, 70 % des entreprises anticipaient des tensions de trésorerie en raison de l'allongement des délais de paiement. Ce phénomène impacte directement la santé financière des sociétés, rendant l'affacturage particulièrement pertinent pour convertir immédiatement les créances en liquidités.
L'affacturage s'adresse également aux entreprises de toutes tailles, y compris les grosses structures qui cherchent à optimiser leur gestion financière. En permettant une planification plus précise des flux de trésorerie, cette solution réduit les risques liés aux retards de paiement et améliore la stabilité financière.
Pourquoi les entreprises ont-elles recours à l'affacturage ?
L'affacturage est souvent une solution privilégiée par les entreprises confrontées à des difficultés de trésorerie ou des délais de paiement trop longs. En effet, dans certains secteurs, les délais de règlement peuvent aller jusqu'à 90 jours, ce qui crée un décalage entre les dépenses engagées et les revenus perçus. L'affacturage permet alors d'éviter un déficit de liquidité qui pourrait compromettre le bon fonctionnement de l'activité.
Certaines entreprises utilisent également l'affacturage comme levier de croissance. Plutôt que d'attendre les règlements clients, elles peuvent utiliser cet outil pour financer l'achat de nouvelles marchandises, embaucher du personnel ou investir dans de nouveaux équipements.
Alternatives à l’affacturage
L'affacturage n'est pas la seule solution de financement disponible. Voici une comparaison plus approfondie :
Crédit bancaire
Le crédit bancaire reste une solution classique pour financer la trésorerie. Il repose sur une analyse financière approfondie, des garanties éventuelles et des échéances fixes. Cette solution est pertinente pour des besoins relativement stables, mais peu adaptée aux variations rapides du BFR ou aux situations urgentes.
Ligne de crédit renouvelable
La ligne de crédit renouvelable offre une enveloppe de trésorerie mobilisable à tout moment, dans une limite définie à l’avance. Elle apporte de la flexibilité, mais son montant dépend fortement de la relation bancaire et de la capacité financière historique de l’entreprise. En pratique, elle est souvent difficile à augmenter en phase de croissance ou de tension.
Financement participatif (crowdfunding)
Le financement participatif permet de lever des fonds auprès d’investisseurs ou de prêteurs via des plateformes spécialisées. Cette option peut être intéressante pour financer un projet identifié ou soutenir un développement ponctuel. En revanche, les délais, la communication requise et le coût global la rendent peu adaptée à un besoin de trésorerie opérationnelle récurrent.
Escompte bancaire
L’escompte consiste à faire financer une facture ou un effet de commerce par une banque avant son échéance. Cette solution est généralement réservée à des clients bien notés et à des créances très sécurisées. Elle reste ponctuelle, peu flexible et dépend fortement de l’acceptation bancaire et de la qualité du débiteur.
Le financement avec Defacto
Defacto n’est pas un affactureur au sens classique. C’est une solution de financement court terme du BFR, conçue pour permettre aux PME de mobiliser de la trésorerie à partir de leurs factures clients ou fournisseurs, sans céder l’ensemble de leur poste client ni s’engager dans des contrats rigides.
Cette approche se distingue par plusieurs principes structurants :
- Un financement déclenché à l’usage : L’entreprise utilise une capacité de financement lorsqu’elle en a besoin, facture par facture. Il n’y a ni obligation de volume, ni engagement de durée, contrairement aux schémas d’affacturage traditionnels.
- Des décisions de crédit rapides mais explicables : L’éligibilité repose sur l’analyse en temps réel des données financières de l’entreprise. La rapidité d’exécution ne se fait pas au détriment de la qualité de l’analyse ni de la maîtrise du risque.
- Une tarification claire et proportionnelle à l’utilisation réelle : Les intérêts sont calculés uniquement sur la durée effective de financement. Il n’y a pas de frais fixes, de retenue de garantie ou de coûts cachés liés à la structure du contrat.
- Une intégration fluide dans l’écosystème financier existant : Defacto s’intègre aux outils bancaires, comptables et ERP des PME, sans modifier la relation client ni externaliser le recouvrement. L’entreprise reste décisionnaire et conserve la maîtrise de ses flux.
En pratique, Defacto s’adresse aux entreprises qui cherchent à financer ponctuellement ou cycliquement leur BFR, sans transformer un besoin opérationnel en engagement financier long et contraignant.

Tendances du marché de l'affacturage
L'affacturage connaît une forte croissance au niveau mondial. Plusieurs tendances marquent ce marché :
- Numérisation des services : Les fintechs développent des plateformes en ligne qui permettent un traitement rapide et automatisé des demandes d'affacturage.
- Augmentation de la demande des PME : De plus en plus de petites entreprises se tournent vers l'affacturage pour éviter les difficultés de trésorerie.
- Affacturage inversé en croissance : Cette solution, qui permet aux entreprises de payer plus rapidement leurs fournisseurs, gagne en popularité.
- Flexibilité accrue des contrats : Les factors proposent désormais des solutions sans engagement à long terme et adaptées aux cycles économiques des entreprises.
Critères de choix d’une société d'affacturage
Pour bien choisir une société d'affacturage, plusieurs critères doivent être pris en compte :
- Coût total des services : Vérifier les frais de gestion, les commissions et les taux d'intérêt.
- Flexibilité des contrats : Certains contrats imposent un volume minimum de factures à céder.
- Qualité du service client : Un bon accompagnement est crucial pour éviter les mauvaises surprises.
- Rapidité des versements : Certaines sociétés offrent des avances plus rapides que d'autres.
- Réputation et avis clients : Il est essentiel de s'assurer que l'affactureur a une bonne réputation et des retours clients positifs.
Réglementation et législation
L'affacturage est encadré par des réglementations strictes visant à protéger les entreprises :
- En France, il est réglementé par le Code monétaire et financier.
- Les sociétés d'affacturage doivent être agréées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).
- Certaines pratiques commerciales sont encadrées pour éviter les abus liés aux coûts cachés.
Choisir une solution de financement cohérente avec son besoin réel
Les sociétés d'affacturage sont une solution éprouvée pour améliorer la trésorerie des entreprises, mais elles comportent aussi certaines contraintes. Aujourd’hui, des alternatives plus souples comme le financement de factures avec Defacto permettent aux entreprises de gérer leur besoin en fonds de roulement avec davantage de flexibilité et de transparence.
En définitive, chaque entreprise doit choisir la solution la plus adaptée à son modèle économique. Si l'affacturage classique répond aux besoins de trésorerie à court terme, des solutions modernes comme le financement participatif ou les lignes de crédit renouvelables offrent une approche plus flexible et innovante.
FAQs – Aller au-delà de la définition de l’affacturage
L’affacturage est-il adapté à une PME en forte croissance ?
Pas toujours. En phase de croissance rapide, les volumes de factures évoluent vite et peuvent dépasser les plafonds contractuels fixés avec le factor. Cela peut créer un décalage entre le besoin réel de trésorerie et la capacité effectivement mobilisable.
Peut-on combiner affacturage et autres solutions de financement ?
Oui, mais avec prudence. Cumuler plusieurs solutions sans vision consolidée peut complexifier la gestion financière et réduire la lisibilité du risque pour les partenaires. L’important est d’éviter les redondances et les coûts cachés.
L’affacturage a-t-il un impact sur la relation client ?
Dans certains cas, oui. La notification de cession et l’intervention d’un tiers dans le recouvrement peuvent modifier la perception du client. Ce point est particulièrement sensible pour les PME qui entretiennent des relations commerciales de long terme.
Une société d’affacturage est-elle adaptée à des besoins ponctuels ?
L’affacturage est généralement conçu pour un usage récurrent, avec des volumes réguliers. Pour un besoin ponctuel ou très ciblé, la mise en place peut s’avérer disproportionnée par rapport au bénéfice réel.
Comment savoir si l’affacturage est la bonne solution pour son BFR ?
La bonne question n’est pas “l’affacturage ou non”, mais “quel est le besoin exact à financer”. Nature du décalage, durée, récurrence et niveau de contrôle souhaité sont les critères déterminants. Une solution pertinente est avant tout une solution alignée avec le cycle d’exploitation réel de l’entreprise.



